

L’association Ekôlab a organisé les 12 et 13 mai 2022 à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCI- Bénin) à Cotonou, et avec le soutien de l’Ambassade des Etats-Unis près le Bénin, un atelier de formation à l’intention de dix journalistes dont trois femmes. Issus de la presse écrite, de la presse en ligne et de la radio, les participants sélectionnés sont basés à Abomey-Calavi, Cotonou, Bopa, Savalou, Parakou et Nikki.
Pour Ekôlab, l’objectif visé à travers cet atelier qui se veut un cadre de co-apprentissage et de partage d’expériences entre journalistes et experts tient en cinq axes : amener chaque journaliste à exprimer/décrire sa motivation pour l’investigation journalistique en formulant clairement ses attentes ; améliorer les capacités des journalistes à suivre rigoureusement jusqu’à terme les exigences liées à la réalisation d’une bonne investigation ; examiner avec les participants, la faisabilité de leurs projets d’investigation ; partant des présentations de leurs projets, doter les participants de moyens techniques, de méthodes et de stratégies suffisants pour la réalisation de leur projet d’enquête, et rappeler aux journalistes les dispositions du cadre déontologique et juridique en matière d’investigation journalistique au Bénin.
Cérémonie d’ouverture
Placée sous le thème «Atelier de renforcement de capacités des journalistes en techniques d’investigation », la formation a été lancée au terme d’une cérémonie officielle marquée par plusieurs discours.
Dans son allocution de bienvenue, Madame Rachidath Houssou, Directrice Exécutive d’Ekôlab a d’entrée de jeu présenté « Ekôlab », une association portée sur les fonts baptismaux en juin 2021 par un collectif de journalistes béninois dont l’ambition est de travailler sur trois axes à savoir la formation de journalistes, la production d’enquêtes/grands reportages et l’éducation aux médias.
En termes de formation, la Directrice Exécutive d’Ekôlab a expliqué qu’il s’agit de « former les journalistes aux dernières tendances du métier avec comme colonne vertébrale, le journalisme d’investigation ».
Le deuxième axe verra l’édition des enquêtes produites par les journalistes formés, a-t-elle poursuivi, annonçant que lesdites enquêtes seront publiées non seulement sur le site d’Ekôlab, mais aussi sur le site des médias béninois et panafricains partenaires de l’association.
Qualifiant l’éducation aux médias, le dernier axe, de « capital » pour Ekôlab, elle a annoncé qu’il permettra à l’association de développer avec son réseau de journalistes, des programmes d’éducation aux médias dans les lycées et collèges au Bénin. « Nous sommes déjà en discussion avec ces établissements Il s’agit pour nous de renouer le lien avec la presse et les citoyens et de familiariser la future génération au métier de journalisme », a martelé Madame Houssou.
Mikaïla Saka a ensuite pris la parole, pour saluer l’engagement d’Ekôlab pour le journalisme d’investigation. Porteur d’un message du Secrétaire général de la CCI-Bénin, il a déclaré que ce dernier « profite de cette formation pour exprimer sa satisfaction de voir des journalistes se former de façon aussi qualitative».
Le Secrétaire général émet le vœu de « faire de vous, désormais des partenaires de la CCI-Bénin pour le relai de l’information » a par ailleurs confié M. Saka avant d’inviter les journalistes à recourir à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin pour enrichir leurs productions sur l’économie béninoise ou africaine.
Troisième dans la liste des intervenants au cours de la cérémonie d’ouverture, Gérard Guédegbé, Expert-Formateur Médias et Communication et formateur de l’atelier s’est prononcé sur le rôle des journalistes dans la société. Ce rôle est important a-t-il estimé, déplorant que les journalistes n’aient pas toujours la possibilité de mieux le jouer.
Ancien Directeur général de l’Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin, Georges Amlon a pour sa part tenu à saluer Ekôlab pour cet atelier qui, pour lui, est une « formidable opportunité» qui augure de bons auspices avant de souhaiter que les fruits tiennent la promesse des fleurs.
En procédant officiellement au lancement des travaux, Christopher Helmkamp, le Directeur des affaires publiques de l’Ambassade des Etats-Unis a d’abord félicité les journalistes pour le « travail difficile et crucial » qu’ils accomplissent « pour informer les autres, lutter contre la diffusion de fausses informations et demander des comptes aux personnalités publiques ».
Rappelant le « rôle essentiel » que jouent les médias libres et indépendants dans la démocratie, le diplomate s’est réjoui de l’organisation de cet atelier qui « entre dans la droite ligne du développement de la profession de journaliste », a-t-il estimé.
Helmkamp a souligné l’importance qu’accordent les Etats-Unis au travail des journalistes et à la presse béninoise en général. « Depuis 2019, nous avons fourni plus de 315.000 dollars en soutien aux journalistes et aux médias du Bénin pour des formations, des échanges de développement professionnel et le soutien à la recherche », a révélé le diplomate tout en réitérant l’engagement de l’ambassade à continuer dans cette lancée.
Premier jour de formation
Après la cérémonie d’ouverture, place a été faite à la formation proprement dite. Sélectionnés suite à un appel à candidatures et à une série d’entretiens d’évaluation de leurs motivations et de leurs projets d’enquêtes, les participants se sont présentés en donnant un aperçu de leur sujet d’investigation.
Trois modules ont meublé cette première journée de travail à savoir : «Le journalisme d’investigation : caractéristiques spécifiques ; qualités d’un journaliste d’investigation»; «L’investigation journalistique : la méthode par hypothèse ; déroulement pratique + étude de cas », et «Les techniques de collecte d’informations : l’interview en matière d’investigation journalistique».
Suivis d’échanges, ces modules ont permis au formateur de passer au peigne fin avec les participants, les qualités d’un journaliste d’investigation, la méthode par hypothèse ou encore les techniques de collecte d’information.
Des travaux individuels ont permis à chaque participant de s’approprier le contenu des modules en se penchant sur son sujet. Ainsi a-t-il été question pour chacun de reformuler son sujet d’investigation et d’en dégager la problématique et les hypothèses. La restitution en plénière des travaux individuels a mis fin à cette première journée.
Seconde journée
La deuxième journée de formation a démarré par un point des travaux de la première journée. Comme la veille, trois modules étaient au programme : « Les techniques de collecte d’informations : Les outils élémentaires de la recherche et de la vérification » ; L’investigation journalistique : questions de fond (sujet et angle, analyse et hiérarchisation des données, structuration du papier) », et « L’investigation journalistique : Lois et questions éthiques ».
La session a permis aux participants d’affûter encore plus leurs armes à travers l’analyse des hypothèses formulées au cours des travaux individuels de la veille. Le formateur a aussi partagé avec les participants, des techniques pour améliorer les hypothèses. Chaque participant a vu la documentation de son projet d’enquête passer crible. L’examen des projets d’investigation a sonné la fin des travaux de la formation.
Avant la clôture officielle des travaux, les participants n’ont pas caché leur satisfaction des 48 heures de formation, tout comme la Directrice Exécutive d’Ekôlab. Cette dernière s’est dite convaincue « qu’il ne s’agit pas d’une formation de plus », tout en saluant le pragmatisme du formateur.
