
Engagé en faveur du renforcement des capacités des professionnels des médias, EkôLab a contribué au renforcement de capacités de 10 journalistes sélectionnés par Unicef au Bénin au sein d’une cellule de vérification des fausses nouvelles autour de la pandémie de Covid-19.
Dans la continuité de la lutte contre les fausses nouvelles relatives à la pandémie de Covid-19, la représentation nationale de l’organisme des Nations unies a mis en place une cellule de spécialistes en vérification d’informations encore appelés fact-checkers. Retenus au terme d’un appel à candidatures auquel ont postulé plus de 250 personnes, ils sont cinq femmes et cinq hommes sélectionnés par Unicef au Bénin pour constituer cette cellule spéciale.
Leur formation de quatre jours a duré du mercredi 28 septembre au samedi 1er octobre 2022. Associée en tant que partenaire à la formation, EkôLab a assuré le volet consacré au fact-checking de la session. Pour ce faire, c’est Maurice Thantan, journaliste web et membre d’EkôLab qui a entretenu les 10 participants toute la journée du jeudi septembre 2022. Son enseignement s’est décliné en deux volets. Dans un premier temps, dans une série de trois présentations magistrales, le formateur a mis l’accent sur les clarifications conceptuelles, partagé les techniques de base du fact-checking tout en faisant l’historicité de cette discipline inhérente au métier de journalisme.
Des présentations théoriques…
Ainsi, le formateur a-t-il d’abord rappelé que le fact-checking, contrairement à la croyance populaire, n’est pas une nouveauté en matière de journalisme. S’il est devenu tendance ces dernières années, il ne fait que l’écho à la propagation à une échelle exponentielle des fausses nouvelles manipulées comme un instrument politique voire même de déstabilisation sociale.
Au-delà des clarifications conceptuelles et du rappel historique, la présentation du formateur s’est davantage focalisée sur les techniques et les outils de fact-checking. Ainsi, une première présentation intitulée “Techniques de fact-checking : Généralité, outils, règles d’or à suivre en fonction de chaque contenu” a permis de préciser les éléments susceptibles de relever de la manipulation sur des images fixes, des vidéos, du son ou tout simplement du texte. Ici le formateur a également partagé plusieurs outils courants qui peuvent servir à identifier des contenus manipulés ou détournés. Parmi eux, l’application inVID et son plugin du même nom qui permettent de vérifier des vidéos. En matière d’outils de vérification de vidéo, il a également fait une démonstration de YouTube Data Viewer, un outil développé par Amnesty International pour vérifier des vidéos hébergées sur la plateforme YouTube. Des outils comme TinEye, Metapicz, FotoForensics ont également été indiqués aux participants ainsi que des techniques de base comme la recherche inversée sur Google qui permet de retrouver des images déjà utilisées sur le web.
Une deuxième présentation sur “Techniques pour contredire des sources : Astuces et techniques pour contredire des sources officielles sans faire objet de représailles” s’est focalisée sur la manière dont le journaliste ou le spécialiste en fact-checking peut rapporter habilement des erreurs dans les discours officiels ou d’élus politiques. Cette présentation s’est appuyée sur des exemples au Bénin et dans la sous région ouest-africaine. Enfin, une troisième présentation consacrée à la construction du récit autour de la déconstruction d’une rumeur ou d’une fausse nouvelle a conclu cette phase de la session
… et un atelier pratique
Dans une deuxième partie, le formateur a présenté une série d’articles de presse consacrés à la déconstruction de rumeurs et de fausses informations notamment autour de la Covid-19 pour illustrer ses enseignements théoriques. La séquence interactive a permis de répondre à des questions spécifiques posées par les participants. Cela a ensuite laissé place à des travaux pratiques. Les participants ont été invités à préparer des articles en réponse à certaines rumeurs identifiées et soumises à eux. Ici, ce n’est pas tant le résultat final qui a été apprécié, mais le formateur a plutôt mis en avant la démarche à suivre par les journalistes pour atteindre l’objectif fixé.
Au terme d’une journée de formation, les participants ont effectivement élargi leur base de connaissances en matière de techniques et d’outils de fact-checking. Étant déjà des journalistes de formation ou de profession, ils avaient déjà une certaine idée des techniques de vérification d’information. Mais la plupart d’entre eux ont notamment souligné les nouveaux apports en matière d’outils numériques et de construction de récits qu’ils vont désormais exploiter dans leur travail quotidien.
Pour EkôLab, c’est une expérience enrichissante qui rentre parfaitement dans le cadre des actions de l’association qui entend multiplier ce genre d’initiatives à l’endroits des professionnels des médias mais aussi à l’endroit d’autres acteurs informels de l’information comme les blogueurs ou encore les web influenceurs.
